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16 février 2008
Berlinale : sous les paillettes, la précarité

Ouvreuses, caissiers, personnels de ménage et de sécurité, techniciens, les emplois ne sont pas parmi les plus qualifiés, ni les mieux payés. Pour attirer les projecteurs sur ces petites mains de l'ombre, alors que tous les flashs sont braqués sur les nouvelles rides de Mick Jagger ou la dernière coloration de Madonna, le collectif Mayday Berlin-Hamburg a organisé, en marge du festival, deux soirées en leur honneur. Le 9 février, la Volksbühne (« Scène du peuple »), théâtre engagé, a ainsi accueilli « le Gala des perspectives précaires ». Au menu: projections, débats et petits fours. Le 15 février, une seconde soirée était organisée à Kreuzberg (quartier turc et branché de Berlin) pour fêter la « Campagne contre les conditions de travail misérables pendant la Berlinale ». Objectif : faire entendre la voix des précaires, mais aussi certainement les aider à sortir de leur isolement et à s'unir.
Avec un montant de « 400 euros mensuels », la gratification versée aux stagiaires de la Berlinale est « dans la moyenne », indique le collectif Mayday Berlin-Hamburg. Mais cette somme ne permet pas de parer aux dépenses du mois, poursuit le collectif dans le cadre de sa campagne « mir reicht's... nicht ! » (« ça ne me suffit pas ! »). « La pauvreté serait-elle le prix du glamour? », demande-t-il.
Le collectif met aussi en lumière les bas salaires des travailleurs auxquels fait appel la Berlinale, souvent par le biais de sous-traitants (agences de nettoyage, de personnels d'accueil, de vigiles). Et dénonce la politique salariale de certains cinémas, où le salaire des caissiers, revu à la hausse pendant le festival, ne dépasserait pas 6,50 euros de l'heure le reste de l'année.
Les "Super héros de la Précarité", dont les masques ne sont pas sans rappeler ceux de leurs cousins français de Génération précaire, ont d'ailleurs quelque peu dérangé l'arrivée des actrices Scarlett Johansson et Nathalie Portman sur le tapis rouge (voir la vidéo).
La Berlinale a également été l'occasion de débattre du système actuel d'assurance chômage pour les travailleurs du secteur cinématographique. Ceux-ci ne semblent pas relever d'un dispositif particulier, contrairement aux intermittents du spectacle en France. Ils doivent donc, pour percevoir leur allocation chômage, avoir travaillé 12 mois au cours des deux dernières années. Ce qui ne convient pas au rythme de travail de ce secteur, font valoir le syndicat des acteurs de cinéma et de télévision, ainsi que la fédération Média du syndicat de services Ver.di. Celui-ci revendique notamment que les travailleurs du cinéma puissent percevoir l'allocation chômage après 5 mois d'activité et non 12.
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21:05 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : "Retour vers le présent" ; Affiche du 09.02



Commentaires
Un problème connu dans l'Allemagne au système social très protecteur est l'absence de salaire minimum pour tous.
De nombreuses branches en possèdent cependant un, comme l'automobile ou les chemins de fer.
D'autres essayent de le mettre en place pour tuer la concurrence nouvelle (ex : la Poste allemande face à l'arrivée des postiers privés).
Le reste de la population se débat donc sans protection. Les coiffeurs ont d'ailleurs la réputation d'être les plus précaires, avec des salaires allant jusqu'à 3 euros de l'heure (brut) ...
De quoi faire un bilan du SMIC francais. Avec avantages et inconvénients.
Ecrit par : Fan de | 16 février 2008
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