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27 février 2008

La pub, nouvelle arme syndicale

 

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« Assez économisé ! Les services publics ont une valeur ». Cette revendication s'affiche actuellement en 4 par 3 sur les murs de Berlin et d'Allemagne. Ce sont les organisations syndicales Ver.di (fédération des services) et DBB (Union des fonctionnaires) qui sont à l'origine de cette campagne de communication innovante en faveur des services publics. Objectif: sensibiliser les usagers à leurs revendications, tandis que les négociations salariales dans la Fonction publique sont dans l'impasse et que les « grèves d'avertissement » se multiplient. En effet, le « quatrième round » des discussions, qui s'est tenu hier et avant-hier, n'a pas abouti. Une prochaine et peut-être ultime rencontre devrait se tenir la semaine prochaine, les 6 et 7 mars. D'ici là, Ver.di et DBB, mais aussi les syndicats de la police et des personnels d'aéroports, envisagent de nouvelles « grèves d'avertissement ».

Les représentants des employeurs pour l'Etat fédéral et les Communes proposaient hier une « hausse de salaire de 5%, réalisée progressivement, c'est-à-dire en trois fois sur deux ans, et liée à un allongement du temps de travail ». Quelque 1,3 million de travailleurs sont concernés. Refus des organisations syndicales, qui réclament une revalorisation de 8%, à l'instar de la revendication de IG Metall, le puissant syndicat des travailleurs de l'industrie. Ce dernier a obtenu, le 20 février dernier au terme de sa négociation salariale, une augmentation de 5,2% des salaires, ainsi qu'une prime de 200 euros pour les 85 000 salariés de la branche. « Il s'agit de la plus forte augmentation obtenue par les sidérurgistes depuis 15 ans », selon l'agence e-europnews. Les conducteurs de train ont obtenu, pour leur part, une hausse de 12% de leur salaire.

Les conflits sur les revenus se multiplient. Comme en France, les Allemands s'inquiètent pour leur pouvoir d'achat. Entre l'inflation (supérieure à 2% l'an dernier) et le gel des salaires par les employeurs, ils ont l'impression de ne pas profiter de la croissance. Et de fait, une étude du ministère du Travail sur les salaires en Allemagne, publiée en 2007, montre clairement que les salaires plafonnent depuis 1986, alors que les entreprises enregistrent, depuis plusieurs années, des profits record.

 

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L'affiche précise aussi qu'il est possible de participer à

une pétition en faveur des services publics via SMS

 

Après une première campagne d'affichage en septembre 2007, le slogan « Assez économisé! » (« Genug gespart! ») se décline depuis le 14 février sur 11 nouveaux visages, représentant chacun un service public différent : santé hospitalière, éducation, transports publics, voirie, police, pompiers, garde-côtes... Cette campagne de communication « coûte 3 millions d'euros, partagés entre Ver.di et DBB », affirme Frank Zitka, directeur de communication de DBB. Les « 50 000 affiches » qui recouvrent actuellement les murs allemands auront-elles un impact sur le regard que portent les usagers sur leurs services publics et par ricochet, sur les négociations salariales?

Réponse sans doute la semaine prochaine. En tout cas, les fédérations syndicales allemandes semblent plus en pointe que leurs homologues françaises sur les techniques de communication. Parallèlement à cette campagne d'affichage, Ver.di diffuse sur le Web une émission télévisée sur son actualité hebdomadaire. Modelée à la manière d'un JT, avec présentateur et mini reportages, Streik.tv ("Grève.tv") fait, chaque mercredi, le point sur les revendications et manifestations du syndicat.

 

 

 

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