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19 mars 2008
JR , le passe-muraille
Sa réputation d'artiste doué et engagé, il l'a construite dans l'anonymat et la clandestinité. Ses modèles sont de simples gens. Ses lieux d'exposition, des espaces urbains, où il colle ses photos de nuit et le plus souvent sans autorisation.
Mur de séparation, côté palestinien (Bethléem)
Ce message de paix connaît un grand retentissement. Le projet, intitulé « Face2Face », commence alors un tour du monde. Venise, Paris, Amsterdam, Arles, Berlin... Dans cette ville, longtemps symbole de la séparation du monde en deux blocs, le choix du lieu d'affichage s'impose de lui-même. Visages israéliens et palestiniens recouvrent des façades situées le long de l'ancien mur de Berlin.
C'est même dans la capitale allemande que JR affirme avoir réalisé son record de dimensions : 40 mètres sur 25. Cette immensité donne de l'importance aux anonymes. Leurs visages se repèrent de loin et interpellent un public autre que celui des musées.
Telles les affiches publicitaires, les portraits sont collés sur les murs avec de grands balais-brosses. Avec ou sans autorisation. C'est pourquoi JR tient à conserver son anonymat. Il lui permet d'éviter des plaintes et de gagner du temps en cas de procédures judiciaires. A Berlin, il n'a eu aucun mal à obtenir le feu vert des autorités. « Les propriétaires d'immeubles se bousculent pour proposer leurs façades », s'amusait le quotidien «Berliner Morgenspost» quelques jours avant le vernissage, le 28 septembre 2007.
Peu de temps après, le photographe français s'est envolé en Afrique, pour y réaliser un nouveau projet, intitulé « Les femmes sont des héroïnes ». Il témoigne des souffrances et des espoirs de femmes, qui vivent dans des pays en conflits. Ses photos géantes sont déjà affichées en Sierra Leone et au Libéria. En 2008 et 2009, ce projet devrait être décliné en Asie et en Inde.
La technique du photographe est toujours la même : utiliser un objectif grand angle (28 mm), qui l'oblige à se situer très près de son modèle. Et donc à prendre le temps de gagner sa confiance. Et travailler ainsi « à l’inverse du photojournaliste qui va voler une image avec un téléobjectif ». Autre constante : l'utilisation du noir et blanc, « pour créer une différence avec l'agression publicitaire en couleur ». Quant au choix des supports, ils s'adapte aux paysages.
19:37 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note





Commentaires
Billet excellent, bien renseigné et ouvrant des perspectives.
Justement, j'avais été très surprise de découvrir par des photos d'élèves que les mêmes photos que j'avais vues au coin de Kochstrasse étaient affichées à Paris.
Ecrit par : mariuccia | 21 mars 2008
J'ai mieux compris la version française :-)
Bravo pour ce blog de plus en plus riche. JR je l'ai découvert dans un super numéro spécial de Libé qui proposait de coller soi-même certaines de ses photos sur les murs.
Ecrit par : Théo | 24 mars 2008
très sympa.... texte excellent .... en + j'ai pu apprécier à Berlin certaines de ces belles photos
Bises
Maman
Ecrit par : Pierrette | 18 avril 2008
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