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22 avril 2008

Incroyable et réel destin

         Seul sur la scène du Renaissance Theater durant près de deux heures, Dominique Horwitz incarne Charlotte von Mahlsdorf, un travesti allemand au destin insolite, qui connut presque plus d'ennuis sous l'Allemagne réunifiée que sous les dictatures nazie puis socialiste.

        Pour écrire sa pièce (1), récompensée par le Prix Pulitzer en 2004, le dramaturge américain Doug Wright, s’est inspiré directement de la biographie écrite par Charlotte von Mahlsdorf. Il a également mené de nombreux entretiens avec elle. D'où un texte et une mise en scène truffés d'anecdotes et de détails sur la vie quotidienne du personnage. Le rideau s’ouvre ainsi sur le salon de Charlotte von Mahlsdorf, grande collectionneuse de mobilier et d’objets de l’époque wilhelmienne (avant la première guerre mondiale). Ambiance cosy et musique grésillante émise par de véritables gramophone et phonographe. 

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 Dominique Horwitz au Renaissance Theater

 

        Né en 1928 à Malhsdorf, en périphérie de Berlin, Lothar Berfelde se sent très jeune plus femme qu’homme. Face à un père violent et nazi, qui rêve de faire de lui un militaire, il part vivre chez son oncle dès l’adolescence avant de revenir tuer son père en 1944. Emprisonné, il sera libéré par le bombardement de la prison de Berlin. Commence alors une nouvelle vie. Celle de Charlotte von Mahlsdorf, collectionneuse avertie, qui récupère dès 1945 les meubles qu’elle trouve.
 
        Restée à l’Est après la scission de Berlin, Charlotte von Mahlsdorf devient informateur pour la Stasi. Ce qui ne l'épargne pas de la prison ni des interrogatoires, sous la pression desquels elle dénonce un collègue pour sauver sa précieuse collection de meubles, oeuvre de sa vie.
 
        Véritable agent secret pour les uns, affabulateur pour les autres, cette fonction suscite la controverse après la réunification de l’Allemagne et l’ouverture des archives de la RDA. De même, la croix du mérite qui lui est remise en 1992 déclenche une vive polémique. Par la suite, victime d’une agression homophobe, Charlotte von Mahlsdorf ferme le musée qu’elle avait créé pour présenter sa collection (premier musée privé de RDA) et s’installe en Suède en 1997.
 
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Charlotte von Mahlsdorf dans son musée aux portes de Berlin

 

        Réussissant une belle prouesse de comédien, Dominique Horwitz interprète sans sur-jouer Charlotte von Mahlsdorf, mais également toutes les personnes qu’elle rencontre au cours de son existence, dont Doug Wright, à qui elle raconte sa vie. Avec recul et mordant, cette pièce biographique se concentre sur l’histoire politique contemporaine de l’Allemagne et les débats qu’elle suscite, mais également sur le processus de conservation des souvenirs. Au final, la sexualité du personnage n’est qu’un thème annexe.

        Décédée en 2002, lors d’une visite à Berlin, Charlotte von Mahlsdorf a laissé une impressionnante collection d’objets et de meubles. Depuis 2004, ils sont de nouveau réunis dans sa maison-musée de Mahlsdorf.

 

(1) Cette pièce de théâtre, "I am my own wife", a pour titre allemand, "Ich mach ja doch, was ich will". 

Commentaires

Quelle photo magnifique pour cette pièce de théatre et quelle personnage me paraissant absolument antipathique.

Je ne comprends déjà pas les traverstis, mais surtout, tuer son père! Agh. Devenir informateur pour sauver ses meubles. Agh. Et ainsi de suite. A ne pas parler que un éditeur a trouvé "intéressant" cet personnage pour faire paraître sa version des faits et ses justifications, et un autre pour en écrire une pièce de théâtre!

Bien joué, au moins?

Merci de m'avoir avertit de cette message et je suis heureuse de ta décision d'écrire un peu tous les jours. Je te mettrai en lien, pour le moment, puis j'en parlerai de ton blog informatif et intéressant.

Ecrit par : julie70 | 22 avril 2008

premier passage chez vous via Julie 70, je reviendrai

Ecrit par : gelzy | 23 avril 2008

Le musée de Charlotte a besoin d'aide pour réparer la toiture et montrer l'ensemble de l'expo. Avis aux généreux ou aux simples visiteurs de passage à Berlin. Le musée et ses machines à musique est intéressant ; il se trouve à deux coups de pédales du centre ville ...

Merci Marie pour la critique.

Ecrit par : Fan de | 24 avril 2008

La vie de Charlotte n'est pas tjs exemplaire, mais visiter son musée doit être un réel plaisir.
Bon Résumé de la pièce

Ecrit par : Masi | 25 juin 2008

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