02 mars 2008
Alexander Platz : 50 ans d'art zappés par la pub
« La publicité peut être mortelle ! ». C'est sur cet avertissement que la galerie d'art la plus visitée de Berlin a tombé le rideau le 29 février. Gratuit, ouvert 7 jours sur 7, et presque 24h sur 24, ce lieu d'exposition, qui accueille quelque 120 000 visiteurs chaque jour, n'est autre que la station « Alexander Platz » du U-Bahn 2, qui traverse la capitale d'Est en Ouest.
Depuis 50 ans, les 32 espaces d'affichage de cette gare étaient dévoués à l'art plastique. Le graphisme, les jeux de symétrie et de mots y avaient une place de choix. Le détournement de la publicité aussi. De décembre 2003 à avril 2004, les initiales de la feu-RDA renaissaient sous formes de logos de part et d'autre du quai.
Mais ces expos coûtaient sans doute plus qu'elles ne rapportaient. En mai 2007, le Sénat de Berlin, qui administre la Ville-Land, endettée jusqu'au cou, a cédé la gestion des murs de la station au groupe Wall.
Après de vaines négociations pour sauver son quai, la NGBK a clôturé 50 ans d'art métropolitain vendredi dernier. Toute la journée, elle a distribué des catalogues d'expositions passées. Et cette affiche, « La publicité peut être mortelle ! », pareille aux avertissements qui ornent les paquets de cigarettes. Le lendemain, Hugo Boss et ses costards recouvraient les voûtes de la station.
* « Neue Gesellschaft für bildende Kunst » : « nouvelle société pour l'art plastique »
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27 février 2008
La pub, nouvelle arme syndicale
« Assez économisé ! Les services publics ont une valeur ». Cette revendication s'affiche actuellement en 4 par 3 sur les murs de Berlin et d'Allemagne. Ce sont les organisations syndicales Ver.di (fédération des services) et DBB (Union des fonctionnaires) qui sont à l'origine de cette campagne de communication innovante en faveur des services publics. Objectif: sensibiliser les usagers à leurs revendications, tandis que les négociations salariales dans la Fonction publique sont dans l'impasse et que les « grèves d'avertissement » se multiplient. En effet, le « quatrième round » des discussions, qui s'est tenu hier et avant-hier, n'a pas abouti. Une prochaine et peut-être ultime rencontre devrait se tenir la semaine prochaine, les 6 et 7 mars. D'ici là, Ver.di et DBB, mais aussi les syndicats de la police et des personnels d'aéroports, envisagent de nouvelles « grèves d'avertissement ».
Les représentants des employeurs pour l'Etat fédéral et les Communes proposaient hier une « hausse de salaire de 5%, réalisée progressivement, c'est-à-dire en trois fois sur deux ans, et liée à un allongement du temps de travail ». Quelque 1,3 million de travailleurs sont concernés. Refus des organisations syndicales, qui réclament une revalorisation de 8%, à l'instar de la revendication de IG Metall, le puissant syndicat des travailleurs de l'industrie. Ce dernier a obtenu, le 20 février dernier au terme de sa négociation salariale, une augmentation de 5,2% des salaires, ainsi qu'une prime de 200 euros pour les 85 000 salariés de la branche. « Il s'agit de la plus forte augmentation obtenue par les sidérurgistes depuis 15 ans », selon l'agence e-europnews. Les conducteurs de train ont obtenu, pour leur part, une hausse de 12% de leur salaire.
Les conflits sur les revenus se multiplient. Comme en France, les Allemands s'inquiètent pour leur pouvoir d'achat. Entre l'inflation (supérieure à 2% l'an dernier) et le gel des salaires par les employeurs, ils ont l'impression de ne pas profiter de la croissance. Et de fait, une étude du ministère du Travail sur les salaires en Allemagne, publiée en 2007, montre clairement que les salaires plafonnent depuis 1986, alors que les entreprises enregistrent, depuis plusieurs années, des profits record.
L'affiche précise aussi qu'il est possible de participer à
une pétition en faveur des services publics via SMS
Après une première campagne d'affichage en septembre 2007, le slogan « Assez économisé! » (« Genug gespart! ») se décline depuis le 14 février sur 11 nouveaux visages, représentant chacun un service public différent : santé hospitalière, éducation, transports publics, voirie, police, pompiers, garde-côtes... Cette campagne de communication « coûte 3 millions d'euros, partagés entre Ver.di et DBB », affirme Frank Zitka, directeur de communication de DBB. Les « 50 000 affiches » qui recouvrent actuellement les murs allemands auront-elles un impact sur le regard que portent les usagers sur leurs services publics et par ricochet, sur les négociations salariales?
Réponse sans doute la semaine prochaine. En tout cas, les fédérations syndicales allemandes semblent plus en pointe que leurs homologues françaises sur les techniques de communication. Parallèlement à cette campagne d'affichage, Ver.di diffuse sur le Web une émission télévisée sur son actualité hebdomadaire. Modelée à la manière d'un JT, avec présentateur et mini reportages, Streik.tv ("Grève.tv") fait, chaque mercredi, le point sur les revendications et manifestations du syndicat.
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20 février 2008
D'une pierre deux coups

Et là, nouvelle découverte: les Sisters Piroth. Ces deux soeurs, d'une vingtaine d'années, écrivent, composent et chantent. Guitare acoustique, paroles anglaises, voix qui se marient bien, humour entre deux chansons... un très beau concert. D'un père autrichien et d'une mère finnoise, elles vivent à Stockholm et se sont payé, en février, une tournée d'une semaine en Allemagne. La classe quoi...
En attendant une éventuelle tournée en France, vous pouvez écouter leur deuxième album, « Prima Ballerina »
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